Interview : Marie-Laure Augry

Marie-Laure Augry est une une figure incontournable l’histoire de la télévision notamment pour son duo formé avec Yves Mourousi au 13 heures de TF1. Mais la journaliste aura également marqué de son empreinte le service public avec des émissions de proximité avec le téléspectateurs mais aussi en tant que médiatrice des rédactions de France 3. Une histoire riche qu’elle nous raconte à travers cet entretien…

Comment est née votre vocation pour le journalisme ?
Je cherchais un métier qui me mettrait en contact avec les gens et où la transmission aurait une part importante. Étant enfant, nous n’avions pas la télévision. J’écoutais donc beaucoup la radio notamment les informations.
Le hasard a voulu que fin 1968 se créé le premier IUT d’information, dans la ville de Tours où j’habitais, qui formait à la fois à la communication et au journalisme. J’ai étudié au sein de cet établissement et je savais que j’étais plus à l’aise dans l’audiovisuel, dans la parole plutôt que l’écriture. Je suis allée par la suite à Paris où je m’occupais d’un groupement de jeunesse, nous étions alors dans la période post-1968 avec une activité importante dans le milieu lycéen et étudiant J’étais en contact avec des journalistes de la 1ère chaîne de télévision qui cherchait à avoir des liens avec les étudiants. C’est ainsi que j’ai pu apprendre qu’il y avait possibilité d’aller travailler au desk (NDR : bureau de presse où sont collectés sur les articles/reportages) sur la 1ère chaîne. Les dépêches arrivaient sur téléscripteurs qui étaient d’énormes machines et qui débitaient pendant des heures et des heures les dépêches des agences de presse sur d’énormes quantités de papiers. Il fallait donc des petites mains pour découper et classer ces dépêches et les distribuer dans les bureaux.

J’ai commencé ainsi à la télévision en ayant la chance d’intégrer un service, le desk de la politique intérieure. J’étais ainsi en contact avec les journalistes. J’ai fait ça pendant un an et demi. Puis le responsable de l’information de l’époque, Michel Péricard, m’a proposé de faire du reportage. On m’a tout d’abord proposé la rubrique éducation-jeunesse puis en 1974, Georges Pompidou décède subitement avec de nouvelles élections. Il y avait alors besoin de journalistes et c’est ainsi que j’ai commencé à faire des reportages pour des candidats à suivre pour lesquels je ne prenais pas de risques et qui étaient Krivine et Laguiller.

J’ai commencé assez vite la présentation des journaux télévisés (JT) en 1975. C’était l’année de la femme et le rédacteur en chef de la Une, Christian Bernadac, s’était dit que ce serait l’occasion de mettre à l’antenne une femme à la présentation du JT de la nuit. Sur Antenne 2, ce fut la même démarche. Nous étions à Cognac-Jay, un étage nous séparait mais déjà la concurrence se profilait entre les chaînes.
Un jour Christian Bernadac m’a demandé un après-midi d’aller en plateau faire quelques essais de lancement puis il m’a dit « Lundi soir tu feras le 23 heures. ». En toute inconscience partagée, par lui et par moi, j’ai fait en juillet 1975 mon premier « 23 heures ». Le soir même, dans le studio d’à côté, commençait Hélène Vida pour Antenne 2.
La bascule s’est faite en 1981 dans le 13 heures avec Yves (Mourousi).

Vous avez évoqué la concurrence entre la première et la deuxième chaîne. Quel impact a donc eu l’éclatement de l’ORTF sur les rédactions et sur la façon d’appréhender votre propre métier à la télévision ?
La concurrence existait déjà du temps de l’ORTF. Ainsi lorsque j’étais au desk sur la première chaîne, je regardais également ce que faisait la deux, quels sujets étaient présentés…Mais à ce moment-là la concurrence n’était pas exacerbée par les audiences.
Après on est passé dans une autre dimension avec l’impact des annonceurs.

20 heures TF1

©TF1/DR

En 1981 ce sont donc les débuts de votre duo avec Yves Mourousi sur le 13 heures de TF1. Quelle est votre première image de votre rencontre avec le journaliste ?
Nous étions déjà dans la même rédaction. Yves est arrivé en janvier 1975. On se croisait plus qu’on ne se connaissait. Dans les éditions de 20 heures et de 13 heures, il y avait une partie « actu » qui durait 5 minutes. C’est ce que faisait notamment Claude Pierrard sur le 13 heures. Il m’arrivait ainsi de temps en temps de participer à cette rubrique.
Un jour, il a été décidé de casser l’image du présentateur unique et de créer des duos. On a donc demandé à Yves de rentrer dans cette logique. Il a du râler un peu et c’est lui qui a décidé. Par instinct, il demande à ce que ce soit moi. Je ne suis alors pas au courant et Yves vient me voir en me disant « ll faut que tu le saches, nous allons bosser ensemble. ».

Comment s’est mis en place ce duo et que souhaitiez-vous apporter à cette édition ?
Je ne souhaitais rien apporter de spécifique, je mettais mes pas dans ceux d’Yves. Je lui faisais entièrement confiance. Le rédacteur en chef, que je connaissais très bien, était Pierre Géraud. C’était pour moi un lien de confiance important. Le 13 heures avait sa mécanique avec une part importante du magazine et de la culture. Je suis arrivée humblement.
Yves était quelqu’un qui à partir du moment vous donnait sa confiance, était très protecteur. Il a tout fait pour que les choses se passent bien et en même temps à sa façon. Ainsi il n’y a jamais eu de numéro zéro. On s’est donc retrouvé le matin en conférence de rédaction et je partais donc sans trop savoir où j’allais mais je lui ai fait confiance. Les choses se sont faites naturellement et rapidement.
Après notre premier journal, Yves m’a invité à déjeuner avec des amis à lui qui n’étaient pas dans le domaine du journalisme chez Maxim’s. Yves c’était ça.
On s’est bien entendu et cela a bien fonctionné ensemble. De là est né du respect, de l’estime mais également une profonde amitié qui s’est poursuivi jusqu’à la fin. Nous étions comme frère et sœur et nos familles également étaient très proches. Il y avait une vie en dehors de la télé qui devait également transparaître à l’écran.

Comment expliquez-vous le succès de ce 13 heures et que, 30 ans après, cette édition reste comme une référence ?
C’est incroyable. C’est quelque chose qui me surprend et qui me touche beaucoup que cela reste encore dans les mémoires. Je pense que pour Yves ce serait pareil.
Je pense que ce succès est en très grande partie du à lui. Il avait déjà marqué de son empreinte le 13 heures. De même sur France Inter, il y avait la patte Mourousi. Même sans duo le 13 heures d’Yves serait resté une référence avec les grands directs, les interviews…Il sentait les choses, il avait un instinct extraordinaire de l’actualité.
Par ailleurs, c’était un journal atypique où on pouvait parler sérieusement de l’actualité sans se prendre au sérieux. Ce qu’on faisait était naturel. Ainsi l’histoire des casques (NDR au moment de la privatisation de TF1) était venue dans la matinée. Tout à coup quand Bouygues annonce qu’il va être candidat et on s’est dit qu’il fallait trouver des casques. On est allé chercher des casques au service décor à Cognac-Jay.
De même quand Yves a fait Jaruzelski, ça s’est décidé 10 minutes avant l’antenne. Rien n’était calculé.

Pensez-vous que ce type de présentation de l’information serait encore possible aujourd’hui ?
Ce serait plus compliqué ou alors avec une personnalité aussi marquante et atypique que celle d’Yves. Toutes les directions de l’information ont eu des sueurs froides en se demandant ce qu’il allait faire. En même temps il y avait un climat de confiance et Yves n’était pas irresponsable.
Néanmoins je ne sais pas s’il y aurait aujourd’hui des patrons de l’information qui oseraient autoriser ce genre de chose.
C’est aussi ce qui a fait l’arrêt du 13 heures sous l’ère Bouygues : ce côté indépendant et non maîtrisable. Pour une entreprise telle que Bouygues c’était impensable. Cela avait d’ailleurs commencé avec Michel Polac, c’était le premier signe. Et puis nous étions l’image de TF1 d’avant : TF1 service public.
Yves se permettait aussi de dire à Francis Bouygues ou Patrick Le Lay ce qu’il fallait faire ou pas au sein du Journal télévisé. C’est quelque chose de très habituelle au sein d’une rédaction mais pour eux c’était irrecevable. D’ailleurs, une fois l’épouse de Francis Bouygues avait dit à Yves : « Vous savez jamais on n’a parlé à mon mari comme ça. ».

En ce qui concerne la privatisation de TF1, avant même que l’on sache que ce serait le groupe Bouygues qui l’emporterait, sentiez-vous que les choses étaient en train de changer ?
Passer du service public au privé, c’était un changement complet d’esprit d’entreprise. On entrait dans une autre dimension qui pouvait avoir aussi son intérêt.
Je ne sais pas comment ça se serait passé si ça avait été le groupe Lagardère mais pour le groupe Bouygues les saltimbanques ne faisaient pas parti du mode de fonctionnement.
Ce qui a changé également ce fut l’arrivée de la mesure d’audience quotidienne avec le lien avec les annonceurs. Nous n’étions pas habitués à cela. Ce qui comptait c’était l’audience, plus que le contenu. Ils ont évolué depuis.
Néanmoins les courbes d’audience étaient affichées dans les couloirs, les ascenseurs. Maintenant c’est quelque chose qui est devenue naturelle.
Ceci-dit malgré ce poids psychologique qui consistait à dire que l’audience était la seule voie à suivre, cela ne nous a pas empêché de continuer à faire notre journal. Michèle Cotta, qui fut directrice de l’information de TF1, a été un garant extraordinaire et a préservé l’indépendance de sa rédaction.

Pensez-vous que cette situation, que vous décrivez, est directement liée à la privatisation ou est-ce une suite logique de l’évolution de la télévision avec notamment cette course à l’audience ?
Le fait de privatiser une chaîne, qui plus est la chaîne mère du service public, a beaucoup bouleversé les choses. Ce n’était pas la même chose que pour les chaînes naissantes La Cinq et M6. Mais TF1 générait le plus d’audience, était la chaîne référence du public et sortait du service public. C’était un choc culturel.

Comment avez-vous appréhendé votre dernier 13 heures en 1988 ?
On savait que nos jours allaient être comptés. Mais cela s’est passé très rapidement. Le vendredi la chaîne a envoyé une dépêche à l’AFP disant qu’on arrêterait de présenter le journal et que Jean-Pierre (Pernaud) succéderait à la présentation. Le tout dernier journal je l’ai présenté seule puisque de toute façon Yves ne devait pas être là, il devait à aller à Avoriaz.
Pour le dernier JT qu’on a fait les deux, l’état major de TF1 avait peur de ce qu’on allait pouvoir sortir. Yves m’a alors dit « Ils sont morts de trouille. Durant le journal, nous ne disons rien, aucune provocation. ». A ce moment-là à Cognac-Jay, quand nous nous rendions sur le plateau on passait par la régie et on voit alors le plateau noir de monde y compris des personnes extérieur.
Après la fin de ce journal on a reçu un appel de Francis Bouygues nous remerciant notamment d’avoir été très dignes. On savait que dans le bureau de Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte, ils étaient tous à regarder en se demandant ce qui allait se passer. Yves c’était aussi ça : Ils s’attendent qu’on fasse quelque chose de particulier ? On ne va rien faire.
Le lendemain, on s’est retrouvé et on a été invité à faire le 13 heures dans la petite radio d’Avoriaz.

Bien sûr ce dernier JT avait fait du remous et du bruit dans la presse. Le service de presse avait fait un dossier épais avec ces différents articles. Peu de temps après, Francis Bouygues avait demandé à voir Yves. Il est alors arrivé avec ce dossier presse, il le lui a posé et lui a dit « Avec Marie-Laure, on vous remercie. Vous avez été notre meilleur attaché de presse. ».
Le groupe Bouygues pensait qu’au sein de TF1 cela allait se passer comme au sein du groupe où tout le monde était en adoration devant Francis Bouygues mais c’était plus compliqué. Ils ne comprenaient donc pas.

Comment s’est déroulée ensuite votre aventure sur TF1 ?
Pour le journal c’était plié et puis je n’avais pas envie de le faire toute seule. Je n’avais eu ni Patrick Le Lay ni Etienne Mougeotte, la seule source officielle que j’avais eu concernant l’arrêt de notre journal fut la dépêche de l’AFP.
Pour Patrick Le Lay, je l’avais appelé pour lui dire que c’était dans ses prérogatives de changer les présentateurs mais que la moindre des choses étaient de prévenir les gens. Quant à Etienne Mougeotte, j’ai commandé un bouquet de roses avec un petit mot « Merci beaucoup » que je lui ai fait livrer à son bureau à Montparnasse. C’était une manière élégante pour moi de lui dire que les choses ne s’étaient pas faites de manière élégante.
Après j’ai fait, en accord avec Etienne Mougeotte, une émission qui s’appelait « Allo Marie-Laure » qui était hebdomadaire. Cette émission avait pour but d’aider les gens à avancer dans leurs projets. J’ai fait cette émission durant deux ans et en même temps l’ambiance à TF1 me pesait beaucoup. Je n’avais pas vraiment envie de rester. A ce moment-là, le directeur de l’information de La Cinq, Patrice Duhamel, avec qui j’avais travaillé au service politique sur TF1, m’a proposé de venir sur La Cinq pour faire le journal de 13 heures. Je suis donc parti au mois d’août 1991 et la chaîne s’est arrêtée au mois d’avril 1992.

lacinqinfo

© La Cinq/DR

Au delà de cette ambiance à TF1 qu’est ce qui vous a donné l’envie de partir sur La Cinq déjà vacillante ?
Les gens qui me demandaient de venir étaient des personnes pour qui j’avais beaucoup d’estime, de respect et d’amitié. Je retrouvais Patrice Duhamel mais également Pierre Géraud.
Par ailleurs, on disait que La Cinq était en mauvaise posture depuis 3-4 ans, il y avait donc toujours un espoir. Ensuite Jean-Luc Largardère venait de reprendre la chaîne, on se disait que cela allait donner un deuxième souffle.
Cela n’a pas duré longtemps mais c’était une expérience formidable car on avait une jeune rédaction dynamique. Et puis pendant 5 mois, ce fut cette agonie de la chaîne avec un combat pour essayer de la sauver. Cela a créé des liens très forts.

Avant l’agonie c’était donc une nouvelle aventure rédactionnelle. Comment avez-vous appréhendé ce nouveau 13 heures ?
C’était différent car j’étais seule. Par ailleurs, le 13 heures que l’on faisait avec Yves avait une partie magazine importante. Sur La Cinq nous n’avions pas les mêmes moyens mais j’ai pris beaucoup de plaisir à faire. Une des particularités sur la chaîne, et que j’appréciais beaucoup, était que la régie était autour du plateau. Il y avait une liberté de ton et d’irrévérence vis-à-vis du groupe Lagardère, surtout au moment où nous avons été placés en redressement judiciaire. Par ailleurs, nous étions protégés par Patrice Duhamel.
Je ne regrette pas cette aventure sur La Cinq, cela reste un souvenir fort. On a partagé quelque chose d’incroyable.

Comment avez-vous vécu la fermeture de la chaîne ?
C’était quelque chose d’assez unique car nous n’avions jamais vécu cela. Tant que vous avez de l’antenne à faire vous ne pensez pas à ce qui va venir derrière. On a pris conscience de la chose lorsque l’on a dit au revoir et qu’il y a eu l’écran noir. Ce fut un choc.
Ce qui était dur c’était l’après. Pendant quelques temps on pouvait revenir à la rédaction. A la fois on avait besoin de se retrouver et en même temps c’était très douloureux.
Après je suis revenu sur le service public avec grand bonheur.

Ce fut donc avec Genération 3 sur France 3…
Tout à fait. Ce fut une émission en coproduction avec le CNDP, j’avais l’impression de passer mon bac tous les jours. Après j’ai fait « Un jour en France » qui fut un grand bonheur pendant 7 ans.

Comment s’est opérée cette transition avec sans doute un changement de public par rapport à TF1 ou La Cinq ?
C’est très agréable de faire un magazine. C’est comme une petite entreprise que l’on construit. Je n’aurai pas échangé l’émission contre un retour au journal.

« Un jour en France » aurait-elle pu voir le jour sur une autre chaîne que France 3 ?
Non car il s’agissait de faire une émission quotidienne qui mette en valeur tout ce qui est tourné en régions par France 3. Ensuite l’émission se construisait autour d’un invité où on déclinait ses attaches, ses centres d’intérêts…On essayait de trouver des sujets qui correspondent à cela.

En parallèle vous couvriez également le Mondial la Marseille à pétanque…
C’était mon cadeau de fin d’année. C’est avec Yves que nous avions découvert ce concours en 1985. Au départ, il s’agissait d’une initiative du journal La Marseillaise et de Paul Ricard.
On avait décidé de couvrir ce concours durant le 13 heures. Après l’arrêt du 13 heures, TF1 a continué à suivre le Mondial pendant 4-5 ans et puis c’est arrivé sur France 3. J’avais alors mis en relation Michel Montana, président du Mondial, avec Jean Réveillon, directeur des sports de France télévisions.
J’ai par la suite suivi l’événement avec Daniel Lauclair jusqu’à l’été 2017. C’était génial !

votre tele et vous

© France 3/DR

En 2003, vous êtes devenue médiatrice des rédactions de France 3. Quel était votre rôle dans ces fonctions ?
Le médiateur est le lien entre les téléspectateurs et les rédactions. C’est quelqu’un d’identifiable auquel les téléspectateurs peuvent s’adresser. On est là à la fois pour tenter de répondre aux questions qui nous sont posées et faire vivre la parole de ces téléspectateurs au sein des rédactions.
Cela peut également nourrir les réflexions sur les thèmes de l’actualité.
En acceptant ce poste, j’avais demandé de mettre en place une émission tous les mois afin d’aller jusqu’au bout du processus de médiation et donner l’occasion aux téléspectateurs d’échanger avec les journalistes. Ce qui a beaucoup changé ces dernières années, c’est la façon dont le téléspectateur appréhende l’information.  Il s’informe tout seul et partage cette information. Par conséquent, il s’agit de pouvoir établir un échange sur le traitement de l’actualité. C’est tout le sens de « Votre télé et vous » dont s’occupe aujourd’hui Nicolas Jacobs.

Vous avez évoqué le changement qui s’est opéré dans la manière de s’informer pour le téléspectateur. Comment expliquez-vous cette évolution qui s’accompagne parfois d’une méfiance vis-à-vis des media traditionnels comme la télévision ?
Des historiens des media pourraient expliquer qu’il y a toujours eu cette méfiance. Ce qui complique la situation aujourd’hui ce sont les réseaux sociaux et les « fake news » (fausses informations). Les personnes ont ainsi tendance à voir ce qui les conforte dans leur propre opinion. On peut ainsi trouver des réactions du type « J’ai vu telle information sur internet mais vous n’en parlez pas donc si vous n’en parlez pas c’est que vous nous cachez quelque chose. ».
C’est pour cela que tout est ce qui du domaine de l’éducation aux médias est important.

Dans ce contexte quel peut être le rôle du service public audiovisuel ?
Son rôle est d’essayer d’être exemplaire. C’est surtout mettre l’accent sur le décryptage, mettre des magazines d’investigation à 20h30. C’est ainsi qu’on remplit notre rôle de service public. Ce qu’il faut éviter ce sont les dérives d’une information en continue avec un emballement médiatique.

Quel regard portez-vous globalement sur le paysage audiovisuel français notamment en ce qui concerne son évolution ?
J’ai connu l’évolution technologique. Ainsi quand j’étais au 13 heures, il s’agissait d’un exploit que de faire un direct depuis la place Tian An Men en Chine. Aujourd’hui c’est banal.
Ce qui change également aujourd’hui c’est la façon de consommer la télévision. Chacun se fait son propre programme. La linéarité de la télévision est bousculée.
En ce qui concerne l’information, on a des journaux de qualité et sans doute de meilleur qualité qu’à l’époque où nous faisions le 13 heures avec Yves.
Et puis les chaînes d’information ont bousculé la hiérarchie de l’information avec néanmoins des 20 heures qui ne se sont jamais aussi bien portés. Par contre, il n’est pas sûr que les adolescents d’aujourd’hui reviennent par la suite à ce type de rendez-vous et cette façon de s’informer.

Vous avez dit au revoir aux téléspectateurs durant l’été 2017. Comment avez-vous préparé ce moment ?
Je n’ai rien préparé car je n’aime pas anticiper ce genre de chose. Je n’aspirais pas à arrêter mais c’est une suite logique. Je souhaitais simplement remercier les téléspectateurs à travers « Votre télé et vous ».
En ce qui concerne la pétanque, c’est eux qui ont monté quelque chose. C’était la surprise totale je ne m’étais aperçu de rien mais c’était très sympa d’avoir organisé cette hola dans le stade.

Quel regard portez-vous sur votre carrière qui fut donc très riche ?
J’ai eu la chance de vivre des moments forts mais je ne pense pas avoir une carrière exemplaire. Mon admiration totale va aux grands reporters, aux correspondants de guerre…Ainsi si quelqu’un aurait le droit à toutes les admirations ce serait une journaliste comme Martine Laroche-Joubert avec qui nous sommes de la même génération. De mon côté, j’ai été confortablement, les trois quart du temps, dans un studio. Ce n’est donc pas comparable.

Avez-vous de nouveaux projets ?
Je souhaiterais faire de l’éducation aux media dans les collèges et les lycées. Et si l’opportunité se présente, pourquoi pas également faire un documentaire.

© Interview réalisée en janvier 2018

Merci à Marie-Laure Augry pour son accueil et pour avoir accepté cette interview pour iletaitunefoislatele.com

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Un commentaire

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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